A propos
La naissance d'Umami ?

Quelle est la philosophie d'Umami?

Les sources d’inspiration ?
Mes influences artistiques sont multiples et profondément enracinées.
Le Wabi Sabi demeure l’une de mes lignes fondatrices : cette beauté du simple, de l’imparfait, de ce qui porte la trace du temps. J’y associe naturellement la vision d’Alex Vervoordt, dont l’approche épurée et intemporelle me touche particulièrement.
Ayant grandi dans le sud, j’ai été bercée par l’aura d’artistes tels que Picasso, Matisse ou Cocteau, dont la liberté, la gestuelle et la lumière ont façonné ma sensibilité. Plus largement, les œuvres de Miró et le travail du décorateur Jacques Grange, capable d’orchestrer des univers différents avec une harmonie singulière, nourrissent ma manière de regarder le monde.
En céramique, les formes sculpturales de Valentine Schlegel et les volumes organiques de Jean Arp ont profondément influencé mon rapport à la matière.
Une collection, pour moi, peut naître d’un presque rien : un détail qui accroche le regard, une émotion fugace, une sensation, un souvenir. Tout ce qui résonne en moi peut devenir un point de départ.
Mon récent voyage au Japon a également été une révélation : la délicatesse des gestes, la culture du détail, l’importance accordée à la transmission… Tout cela m’a donné l’élan d’explorer plus intensément le travail de l’émail.
J’aime l’artisanat, les artisanes, les objets façonnés à la main.
J’aime chiner des pièces anciennes, chargées d’histoires, portant les marques du temps et du vécu. D’une manière générale, je suis profondément sensible au design, aux objets qui traversent les années, et à la poésie silencieuse qu’ils dégagent.

Où sont crées les Pièces Umami?
Dans mon atelier, niché au cœur de la campagne du Sud de la France, la nature est une présence constante. Elle enveloppe le lieu, rythme les journées et inspire les gestes.
Chaque pièce y est façonnée entièrement à la main — du modelage aux finitions, jusqu’à la cuisson. Je veille à chaque étape, lentement, intentionnellement, pour laisser la matière révéler ce qu’elle a à offrir.
C’est dans ce cadre apaisé et vivant que naissent toutes mes créations, imprégnées de cette lumière, de cette terre et de ce calme propre à l’atelier.

Quel est le processus de fabrication? Combien de temps prends une pièce?
Je n’ai pas de processus figé. Chaque création suit son propre chemin.
Mais travailler la céramique implique des étapes essentielles, un rythme auquel il faut se plier.
D’abord vient le temps de conception, qui varie selon la complexité de la pièce. Un vase, par exemple, demande une réflexion bien plus longue qu’une assiette. Il faut imaginer les proportions, le geste, la fonction.
Puis arrive le temps de séchage, tributaire des saisons, de l’humidité, de la taille de la forme. C’est une étape silencieuse, d’attente, où l’on ne peut rien forcer.
Lorsque la terre est sèche, débute un moment délicat : l’affinage.
J’uniformise les surfaces, j’efface les irrégularités, je ponce les aspérités. La pièce est alors fragile comme de la craie : un geste trop appuyé, un mouvement hésitant, et tout peut se briser.
Vient ensuite la première cuisson — “biscuit” pour la faïence, “dégourdi” pour le grès.
Une montée en température lente, environ 48 heures, qui transforme la terre en matière durable.
Enfin, la pièce retourne au four pour une seconde cuisson, souvent précédée de l’application de l’émail, cette couche subtile qui crée la profondeur, la brillance, ou parfois le mat velouté.
Quant à l’inspiration, elle ne suit aucune règle.
Une émotion, une nuance de lumière, un souvenir, une forme entrevue au hasard peuvent donner naissance à une collection. La création reste un processus instinctif, libre, presque intuitif.
La céramique m’enseigne chaque jour la patience et l’humilité.
Il faut respecter le rythme de la terre. Chaque fois que l’on tente de la précipiter, elle se refuse. Et il n’y a rien de plus frustrant qu’une pièce qui se fissure ou s’effondre — mais c’est aussi ce qui rend chaque réussite précieuse.
En cela, la céramique est une véritable leçon de vie.
Photos par @mc.lcrt